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La presse en générale est souvent à l'origine des buzz musicaux qui influencent tant ses consommateurs. Depuis un certain temps, le nom de Serafin circule un peu partout et on peut entendre par-ci par-là qu'il pourrait bien s'agir ici d'un nouveau phénomène anglo saxon prêt à considérablement affecter la solide suprématie des rockeurs d'outre Manche que sont Muse ou Placebo. Que l'on compare Serafin à Muse est un raccourci certes très facile quand on sait que les rock stars anglaises ont craqué sur le projet de la bande de Ben Fox Smith (ex Stony Sleep) au point de les signer sur leur label Taste Media en 2001 et de tourner intensément en leur compagnie ainsi qu'avec Feeder ou JJ72. Quant à Placebo... "Nous ne ressentons pas vraiment de pression face à la comparaison avec ces deux groupes. On nous rapproche effectivement souvent de Muse mais le fait que nous soyons sur le même label joue beaucoup. J'aime beaucoup ce qu'ils font donc ça ne m'ennuie pas plus que cela. Quant à Placebo, la comparaison est quand même plus rare...". Et alors, Serafin est-il la "next big thing" comme on peut bien l'entendre? "A vrai dire, nous laissons les gens se faire un avis. Nous ne faisons qu'évoluer à notre vitesse en essayant toujours de nouvelles choses. C'est un processus naturel commun à tous les groupes...".

Après quelques maxis qui laissaient penser que les rumeurs n'étaient pas exagérées, c'est le 29 juillet dernier que "No Push Collide" a envahi les bacs des disquaires français. "Chaque sortie est pour un musicien la chose la plus cool qui puisse arriver. C'est tellement frustrant d'écrire des morceaux et d'attendre trois ans avant que les gens puissent les entendre." A la grande différence de ses compatriotes, Serafin ne laisse pas trop entendre ses origines à travers son rock vibrant et mélodique qui n'hésite jamais à opter pour un penchant noisy lui donnant une image de groupe intègre ne cherchant pas ouvertement, même si la réalité est tout autre, à passer en radio ou sur MTV2. Le rock anglais serait-il de moins en moins insensible à tout ce qui peut se faire de l'autre côté de l'Atlantique? Ben s'empresse de donner son point de vue: "J'ai beaucoup été influencé autant par des groupes comme Fugazi, Shellac, Girls Against Boys, Nirvana, Pixies, ou Bad Motor Finger que par Led Zeppelin, Pink Floyd, Stone Roses ou My Bloody Valentine. Je ne suis pas non plus insensible à des artistes comme Tom Waits, Sun Ra, Miles Davis, The Stooges, Aphex Twin ou même Beethoven. En bref, nous ne recherchons pas du tout à revendiquer une quelconque origine à travers notre musique". Ce qui ne l'empêche pas de rajouter: "Le rock américain est quand même bien merdique ces temps ci non? Hors mis Black Rebel Motorcycle Club, Queens Of The Stone Age et quelques autres...".

Si Ben Fox Smith dit vrai, c'est peut être ce qui a pu jouer en la faveur de Serafin en ce milieu d'été peu chargé en nouveauté musicale. Ce qui n'enlève rien bien entendu à la flagrante efficacité de "No Push Collide" que bon nombre de majors ont voulu s'approprier avant sa sortie. "Il y avait environ six ou sept maisons de disque qui voulaient nous signer aux Etats Unis. C'était une situation très confortable pour nous puisque les différents intéressés avaient juste à dealer entre eux pendant que nous pouvions aisément imposer nos volontés. C'est Elektra que nous avons finalement choisi après une négociation qui n'aura duré pas plus de dix jours". Pour l'Angleterre, la question ne se posait pas puisque Taste Media avait dans un premier temps touché le gros lot malgré qu'il ne s'agisse encore que d'un petit label indépendant "avec les avantages et les inconvénients d'une telle structure".

Tout cela n'aura, en tous les cas, pas empêché à "No Push Collide" de se retrouver dans les bacs de tous les disquaires européens à la date prévue, de bénéficier d'une promo et d'une couverture médiatique à la hauteur de ses espérances et de se payer dans un premier temps les services du génial producteur Dave Sardy qui avait auparavant tenu les manettes d'albums signés par les Red Hot Chilli Peppers, Marylin Manson et autres... "C'était une expérience géniale. Nous nous sommes isolés à Los Angeles pour pouvoir nous consacrer uniquement à notre enregistrement. En plus de cela, être ami avec Dave te permet de ne pas payer tes bières dans un tiers des pubs de la ville...". Alors que Serafin attend plus que jamais d'y retourner pour une tournée qui ne pourrait être autre qu'un succès, nous français pourrons les apprécier le 29 septembre prochain sur la scène de la Boule Noire (Paris). Amateurs de rock mélodique et de déluge de décibels, soyez au rendez-vous...
Matthieu 04/09/2003
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